Prospections expérimentales à Polignac

Dans le cadre de la prospection inventaire programmée par le GRAV, une dizaine de personnes ont participé les 20 et 21 octobre 2012 à une opération d’investigation sur une parcelle de la commune de Polignac. L’objectif était d’évaluer la répartition et la densité des objets archéologiques de cette parcelle, afin de mieux caractériser le site.
Pour cela, une méthode de prospection particulière a été appliquée. Elle consiste à mettre en place un carroyage virtuel (ici de 10 mètres par 10 mètres), précisément localisé à l’aide d’un GPS de précision centimétrique. Ce type de méthode n’est appliquée que sur des sites déjà bien connus, pour lesquels on souhaite une localisation précise des concentrations. Chaque concentration correspond généralement à la localisation approximative de zones occupées, ou de bâtiments enfouis, détruits petit à petit par les labours.

Mise en place du carroyage à l'aide du GPS centimétrique.  Mise en place du carroyage à l'aide du GPS centimétrique.

Chaque prospecteur suit alors une ligne de ce quadrillage. Au moyen d’une ficelle fixée à la cheville ou au seau, il parcourt une distance de 10 mètres en prélevant le mobilier archéologique  autour de cette ligne.

 

Prélèvement du mobilier archéologique.

Prélèvement du mobilier archéologique.

Tous les objets archéologiques sont ainsi collectés, du silex préhistorique aux déchets domestiques modernes apportés lors des fumures. Le matériel prospecté sur cette portion de 10 m est stocké dans des sacs numérotés, permettant de le localiser pour l’étude postérieure.

Prélèvement du mobilier archéologique.  Prélèvement du mobilier archéologique.

 

Prélèvement du mobilier archéologique.  Prélèvement du mobilier archéologique.

Cette opération est ainsi répétée tout le long de la ligne virtuelle.
Une fois le matériel inventorié et analysé, il sera localisé sur un plan de la parcelle.
Il faut aussi noter que la parcelle comporte quelques anomalies topographiques, buttes et creux, qui peuvent correspondre à des vestiges géologiques (glissements de terrains par exemple) ou archéologiques. Il peut être intéressant de comparer la topographie actuelle avec l’état de conservation des vestiges et les concentrations observées. Un relevé micro-topographique sera réalisé à cet effet dans les semaines à venir, complétant le fond de plan cadastral.
Certaines zones en haut de pentes peuvent livrer un mobilier plus abondant à cause de l’érosion apportée par les labours récents. Le phénomène de concentration en bas de pente n’est pour l’instant pas observé sur cette parcelle car les labours profonds sont très récents. Le mobilier archéologique devrait descendre petit à petit. Nous pourrons probablement observer ce phénomène et ainsi évaluer le temps qu’il faut aux concentrations de mobilier pour être érodées et dévaler une pente, labour après labour.

Cette technique de prospection un peu lourde à mettre en œuvre permettra de cartographier statistiquement la densité et la répartition des vestiges de cette parcelle afin d’affiner la caractérisation du site.

C.Simon, E. Nectoux et L. Antoine.

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