Le rocher de Largier. Découverte d’un nouveau site hallstattien en Haute-Loire

Le rocher de Largier.
Découverte d’un nouveau site hallstattien en Haute-Loire, commune de Lafarre

Jean-Louis VORUZ et Jean-Michel TREFFORT

figure 2 - vue aérienne site largier

Le site du rocher de Largier (fig. 1) figure 1 - site de Largiera été découvert le 9 août 1999 par l’un d’entre nous (J.-L. V.), lors d’une prospection terrestre liée à une opération archéologique sur «les éperons fortifiés néolithiques et protohistoriques de la Haute Vallée de la Loire». Notre hypothèse de départ est que cette période voit, à plusieurs reprises, l’installation de nombreux habitats à caractère défensif, les éperons barrés, qui viennent compléter, du point de vue de l’archéologie spatiale, les sites ouverts, comme ceux des Rivaux et de Cormail, à Espaly (Georjon et Jallet 2007), ou les grottes et les abris sous-roche comme ceux de la Baume d’Arlempdes (Crémilleux et al. 1980) ou du Rond-du-Lévrier à Salettes (Perrot et al. 1976). Et pourtant, aucune fouille ni aucun sondage n’a été prati- qué sur ces éperons, comme cela s’est fait en Bourgogne, en Vaudoisie, en Valais ou dans la Drôme (Auguste 2013). Notre prospection sur une dizaine d’entre eux, en fait des ramassages de surface effectués sur plusieurs années, a montré qu’ils étaient occupés seulement durant quatre périodes bien distinctes : la fin du Chasséen (Néolithique moyen), le Ferrières (Néolithique final), le Hallstatt, plutôt final, et La Tène finale. Chose étrange, on ne connaît rien sur l’âge du Bronze, sans que l’on sache pourquoi.

Le rocher du Largier a tout d’abord été révélé par son aspect sitologique, un replat dépourvu de végétation forestière, entouré de belles falaises (fig. 2 figure 2 - vue aérienne site de largieret 3 figure 3 - vue générale du rocher de Largier) ; ensuite par son rempart, une surélévation de 2 m de hauteur, une dizaine de mètres de longueur pour une largeur de 5 à 7 m, constitué de terre et de pierres inférieures à 20 cm, de basalte ou de granite. Ces dernières, d’origine métamorphique, ont forcément été apportées par l’homme, puisque l’ensemble du Largier forme une sorte de coulée basaltique traversant le socle granitique du Massif Central, aux environs de 2 Ma, d’après une excellente thèse d’Emmanuelle Defive, soutenue à Paris, sur l’évolution plio-pléistocène de la vallée de la Loire (Defive 1996, fig. 108). C’est en fait un neck de basalte (fig. 4figure 4 - coulée de basalte à l'entrée du site de Largier), une cheminée volcanique mise en relief par l’érosion, avec une colonnade de taille réduite et un entablement massif (faux prismes). Ce neck correspond à un pont de sortie de lave. L’aspect intrusif se voit à travers la zone de cuisson dans le granite et la disposition oblique de la colonnade (le géologue Jean-Noël Borget, comme à l’accoutumée, nous ayant très aimablement fourni ces indications prélithiques). Vers l’altitude de 922 m, le reste du rocher est plat et forme un espace allongé triangulaire de 70 m sur 25  m. Il domine, par des falaises de 5 à 30 m de hauteur, et par un talus forestier de 120 m de long, la Loire, qui coule à environ 815 m d’altitude. On voit sur notre figure 3, cliché pris depuis le haut de Salettes en direction du sud, c’est-à-dire de l’autre côté de la Loire, le sommet de cet éperon, que la nature …….. suite de l’article « le rocher de Largier » ici en lien (2.1Mo format pdf)

 

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À propos de Jean-Louis VORUZ

Archéologue hors statut. Docteur en préhistoire, habilité à la direction de recherche. Responsable de l’étude de la grotte du Gardon, Ambérieu-en-Bugey (Ain).
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3 réponses à Le rocher de Largier. Découverte d’un nouveau site hallstattien en Haute-Loire

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  2. Moireaud dit :

    Voilà 48 ans que je regarde ce rocher depuis Salettes en me disant qu’il ferait un beau site défensif. Il y a évidemment la question de l’eau un peu éloignée et l exposition au vent du Nord, véritable souffle de glace à cette altitude mais quel beau site. J ai toutefois un doute sur la possibilité d y habiter. Pourquoi pas une autre destination, temple, autel?
    Félicitations pour ce travail qui participe a la reconquête de notre histoire.
    Bien à vous Frederic Moireaud

  3. pierre Loiseau dit :

    Arlempdes, gaulois *Arenemeton, sanctuaire de l’Est ou « de devant » (X. Delamarre) + Antoune, gaulois *Antunon, racine Anto, frontière, probt théonyme : divinité de la frontière (X. Delamarre) + Toponyme Brive au passage de la Loire entre votre site et Salettes (Arsac) + Toponyme Talobre, gaulois *Talobriga, colline ou fort « de soutien » ou « du front », sous les rochers du village de Freycenet (cadastre d’Arlempdes) + Probabilité d’une voie antique N-S = environnement géographique, archéologique et toponymique exceptionnel. La Loire a donc fait ici la frontière des Vellaves et des Helviens. Preuves de sa continuité historique jusqu’à l’époque carolingienne dans les vicairies (Pradelles, Mariac). Songer au site d’Arlinde (Gard) ! Où se trouvait le Nemeton d’Arlempdes? Le site de la Beaume, 800 m à l’Est d’Arlempdes (?) en est-il digne archéologiquement?

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